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L’écriture romanesque de Saverio Nayigiziki dans Mes transes à trente ans : entre autobiographie et autofiction
- 3 juin 2025
- Publié par : admin
- Catégorie : Baobab N°39
Auteur(s) : Dr EHOUMAN Kouamé Jean-François
Université Alassane Ouattara Côte d’Ivoire
E-mail : ehoumankjnf@gmail.com
M. EHORA Effoh Clément
Professeur des Universités
Université Alassane Ouattara, Côte d’Ivoire
ehoraclem@gmail.com
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Mots-clés :Autobiographie, autofiction, écriture, autodéfinition, identité collective, Rwanda.
Résumé : Dans son texte introductif à Mes transes à trente ans de l’écrivain rwandais Saverio Nayigiziki, Jean-Paul Kwizera (2009), pose que ce roman est « une autobiographie africaine dont l’ampleur et la teneur sont particulièrement remarquables. […] Il existe, […] dans l’œuvre romanesque de Nayigiziki, une forte dose autobiographique et une volonté délibérée de s’inspirer d’expériences vécues. » Ces propos trouvent leur fondement en ceci qu’à la lecture de cette œuvre, tout porte à croire qu’il s’agit d’une espèce de double fictionnel ou, mieux, d’une représentation de la vie de l’auteur. L’œuvre est, en réalité, inspirée des cinq
mois d’escapade de l’auteur suite à la faillite de son commerce. C’est justement pourquoi, écrite entre 1945 et 1948, elle a été initialement publiée, en 1950, sous le titre Escapade ruandaise. Journal d’un clerc en sa trentaine d’années, et plus tard, en 1955, sous celui de Mes transes à trente ans : histoire vécue, mais mêlée de roman. Bien que fortement inspiré de l’expérience individuelle de l’écrivain, ce roman tente de restituer l’histoire d’une collectivité, la vie de tout un peuple, de tout un monde. La technique de la distanciation et la dimension collective du « moi » du narrateur-personnage donnent de traverser nettement la notion de l’autobiographie classique pour aboutir à un (im)possible projet autobiographique.
Ainsi, partant du postulat que l’autoreprésentation d’un auteur, dans son œuvre, appelle à une écriture autobiographique, que les modes de représentation de cette forme d’écriture peuvent l’éloigner de sa forme originelle, la présente réflexion ambitionne de montrer que cette autobiographie fictive ou romancée, chez Saverio Nayigiziki, dresse le lit de l’autofiction.
Abstract :In his introductory text to Mes trances à trente ans by the Rwandan writer Saverio Nayigiziki, Jean-Paul Kwizera states that this novel is an African autobiography whose scope and content are particularly remarkable. […] There is […]in Nayigiziki’s novelistic work, a strong dose of autobiography and a deliberate desire to draw inspiration from real-life experiences. These statements are based on the fact that when reading the novel, everything suggests that it is a kind of fictional double or, better, a representation of the author’s life. The work is, in reality, inspired by the author’s five-month escapade following the bankruptcy of his business. This is precisely why, written between 1945 and 1948, it was initially published in 1950 under the title: Escapade ruandaise. Journal d’un clerc en sa trentaine d’années, and later, in 1955, under the title: Mes trances à trente ans histoire vécue, mais mēlée de roman. Although strongly inspired by the writer’s individual experience, this novel attempts to restore the history of a community, the life of an entire people, of an entire world. The technique of distancing and the collective dimension of the narrator-character’s self allow us to clearly cross the notion of classical autobiography to arrive at an (im)possible autobiographical
project. Thus, starting from the postulate that the self-representation of an author, in his work, calls for autobiographical writing, that the modes of representation of this form of writing can distance it from its original form, the present study aims to show that this fictional or fictionalized autobiography, in the case of Saverio Nayigiziki, sets the stage for autofiction.